Pourquoi les jeunes se sentent-ils si seuls ?
Introduction
La solitude n’est pas seulement un état d’être seul : c’est également un type de sentiment de séparation ou de manque de liens significatifs, qui peut toucher profondément le bien-être émotionnel et social. L’enquête suisse sur la santé 2022 (ESS) indique que parmi les 15-24 ans, près de 60 % déclarent parfois ou souvent ressentir de la solitude, un chiffre qui a augmenté ces dernières années et qui est particulièrement marqué chez les jeunes femmes. Ce constat souligne que la solitude est devenue un enjeu social important pour les jeunes générations, qui méritent une compréhension nuancée plutôt qu’un traitement anxiogène.
Les causes principales
Un premier ensemble de causes de ce phénomène est lié à des facteurs structurels de notre société moderne. La Suisse, comme beaucoup de pays occidentaux, valorise l’individu autonome et mobile sur le plan professionnel et géographique, ce qui peut réduire les réseaux sociaux stables. Les jeunes terminent souvent leurs études, changent de villes pour travailler ou font face à une pression croissante de la performance. Cela favorise des trajectoires de vie plus atomisées, où les relations sociales profondes sont moins nombreuses ou plus fragiles. Ce modèle structurel d’individualisme est adopté comme consensus qui explique en partie la montée de la solitude chez les adolescents et jeunes adultes.
Un deuxième facteur majeur vient de l’impact des technologies numériques. Les outils tel que les réseaux sociaux, les messageries instantanées et les plateformes de rencontres peuvent faciliter le contact, mais modifient la nature des interactions sociales. Une communication souvent superficielle ou médiée par un écran ne peut pas remplacer des échanges entre personnes, qui privilégie la qualité des relations directes. Des études internationales montrent aussi que chez les étudiants, certaines habitudes d’usage du smartphone (fréquence d’utilisation, temps passé en ligne) sont associées à des formes accrues de solitude sociales et affectives. Ainsi, bien que les technologies permettent de rester « connectés », elles peuvent aussi, paradoxalement, contribuer à un sentiment de déconnexion réelle face aux interactions humaines profondes. L’insécurité tend ainsi à prendre un rôle majeur dans la vie des personnes.
Les alternatives possibles
Pour atténuer ces diverses formes de solitude, plusieurs pistes peuvent être explorées. Sur le plan structurel, il est utile d’encourager des environnements sociaux stables : renforcer les liens familiaux et/ou communautaires. Les écoles, les entreprises, les clubs, les espaces culturels ou sportifs offrent des occasions naturelles de créer des relations durables. Sur le plan technologique, il s’agit moins de rejeter les outils numériques que d’en faire un usage conscient. Utiliser les réseaux comme un complément et non un substitut, aider les jeunes à utiliser les écrans de façon proportionnées plutôt que comme valeur de refuge.
Conclusion
En résumé, la solitude chez les jeunes en Suisse est un phénomène réel et croissant, influencé à la fois par des structures sociétales qui valorisent l’individualisme et par l’usage intensif des technologies numériques. Plutôt que de dramatiser, il est utile d’informer et de proposer des actions simples : cultiver un lien social de qualité et favoriser un état actif plutôt que végétatif et même instaurer petit à petit une culture de ce lien dans des entités collectives.
Armée du salut
https://armeedusalut.ch/blog/solitude-chez-les-jeunes/
Minds
https://www.minds-ge.ch/ressources/la-solitude-des-jeunes-hyperconnecte-es-hyper-soutenu-es
Medbase
https://www.medbase.ch/fr/actuel/detail/news/comment-les-jeunes-peuvent-surmonter-la-solitude/
GHI
https://ghi.ch/articles/la-solitude-ce-nouveau-mal-qui-gangrene-notre-jeunesse
Obsan
https://www.obsan.admin.ch/sites/default/files/2025-09/ngb2025_fr.pdf
Avis d’experts
https://avisdexperts.ch/en/intervention/youth-lultra-modern-solitude
